— Vivent les Soviets !
— Vive Panouille !
— A bas Poincaré !
— Vive Lénine !
Avec force gestes pacificateurs, le président amena un silence relatif.
Les premiers orateurs inscrits devaient parler contre la guerre du Sud-Algérien, qui s’éternisait.
— La parole est au camarade…
Le camarade dont on n’entendit pas le nom crié par le président, se leva, et, à mi-voix, comme s’il renonçait avant plus d’effort à se faire entendre, commença :
— Camarades ! Depuis près de deux ans, la campagne d’Algérie, chaque jour, vide un peu plus la France de son or et de son sang. Les communistes ont démontré à la Chambre et dans le pays, sans que personne ait jamais pu les contredire, que nous nous battons là-bas pour satisfaire les appétits d’un petit groupe de forbans financiers.
Est-ce parce qu’il manquait de souffle ou de conviction, ou parce qu’il répétait ce qu’il avait lu dans une brochure de propagande éditée par le parti ? L’orateur ne s’emparait point du public, et sa voix ne dominait pas le brouhaha de la salle surpeuplée. Il n’en fut pas moins plusieurs fois interrompu par des applaudissements et des vociférations.