Bouche close, Panouille n’osa pas répondre qu’il ne connaissait pas l’Internationale.
La salle chantait, s’exaltant :
Du passé faisons table rase.
Foule esclave, debout, debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !
Et de nouveau, puissant, nourri, plus houleux, plus tragique, le refrain :
C’est la lutte finale !
Quand l’émotion se fut un peu calmée, le camarade député Fesselard, content du succès qu’il avait créé, n’éprouva pas le besoin de reprendre son discours au point où l’arrivée de Panouille l’avait interrompu. Mais il avait la parole, et, dans un dernier effort pour se faire entendre, il clama :
— Camarades, je passe la parole au martyr du prolétariat ouvrier et paysan ; je passe la parole au camarade Panouille.