Et il s’assit brusquement dans le fauteuil qui était derrière lui.
La salle applaudit à toutes mains.
— Vive Panouille !
— A bas la guerre !
— Vive Panouille !
— Vive Panouille !
Elle désirait peut-être un discours. Elle accepta que le camarade Pigace le prononçât à la place de Panouille.
Maître Pigace s’était levé en hâte. Il prit la salle à témoin de la pâleur de Panouille, de l’énergie de Panouille qui, après deux années de réclusion, — deux années ! — et tout ébloui de la lumière qu’il revoyait enfin, avait eu le courage et la volonté de venir remercier sans délai le prolétariat qui l’avait tiré de son cachot.
La voix du camarade Pigace, avocat, portait loin. Il en jouait comme un virtuose joue de son violoncelle.
— Voilà, dit-il, l’homme qui, pendant deux années, a effrayé la bourgeoisie et le gouvernement. Voilà l’homme qu’on refusait d’amnistier parce qu’on le supposait trop dangereux. Voilà l’homme en effet qu’on n’avait pas à amnistier, car il n’était pas coupable. Son crime ? Quel était son crime ? C’était d’avoir, un jour, craché au visage des suppôts du militarisme et de la réaction sa haine du massacre, sa haine de la guerre, sa haine de la haine.