— La séance est ouverte.
Puis, aussitôt :
— La parole est au camarade…
Et il nomma le camarade qu’on lui avait dit de nommer.
Les postiers et télégraphistes s’étaient assemblés pour discuter de l’insuffisance de leurs salaires et pour rédiger un ordre du jour qui intéressât le gouvernement à leur situation. Panouille écouta les orateurs qui se succédèrent à la tribune ou qui, demandant de leur place la parole, dissertaient d’indices, d’échelles mobiles et de péréquations, — langage trop mystérieux pour Panouille. Mais Panouille comprit du moins que ces orateurs protestaient contre un état de choses inique, car l’un d’eux parla précisément d’iniquité sociale, et qu’ils se plaignaient d’être les victimes du capitalisme. Et il applaudit à son tour les orateurs. Si bien que, sur l’air des lampions, l’assemblée exigea de lui quelques mots.
Il dut obéir.
Il se leva.
— Camarades !
Sa bouche s’était desséchée, comme à la salle Wagram, deux jours plus tôt.
Il se raidit.