Quelle ne fut pas son émotion, un matin, en ouvrant l’Ami du Peuple ! Un article d’une colonne était signé : Panouille.

Panouille lut rapidement, puis relut.

L’article, dénonçant la situation précaire des prolétaires de la campagne, invitait les ouvriers agricoles à s’unir, dans le sein du parti communiste, aux ouvriers de la ville. « Tous frères ! » clamait Panouille dans cet article généreux. Et Panouille, lisant cet article signé de son nom, n’y trouvait rien à reprendre.

« Mariez étroitement la faucille et le marteau ! » concluait le Panouille du journal.

Alors, le Panouille de la prison se rappela que Maître Pigace s’était exprimé en ces propres termes devant lui, la première fois qu’il l’avait vu dans sa prison.

— Sûr et certain, se dit Panouille, qu’il faut marier la faucille et le marteau.

Il répéta :

— La faucille et le marteau.

C’est l’emblème dont s’ornent en manchette les journaux communistes.

Panouille regarda longuement l’emblème mystérieux. Puis, il relut l’article qu’on avait signé de son nom.