Les journaux républicains s’indignèrent ; les communistes se turent ; d’autres se réjouirent. Pendant toute une longue année, un quartier de la capitale n’eut pas de représentant à l’Hôtel de Ville.
Entre la deuxième et la troisième élection, une nouvelle place de conseiller municipal se trouva disponible, dans le treizième arrondissement cette fois.
Panouille fut candidat, et il fut élu.
Cette fois, les feuilles républicaines découvrirent qu’il était absurde et révoltant que de pareilles plaisanteries pussent entraver la vie politique du pays. Mais, en attendant que le Conseil d’État eût annulé ces différentes élections, Panouille était, en fait, sinon de droit, l’élu de deux quartiers de Paris où il n’avait jamais paru.
Dans sa prison, Panouille connaissait des heures étranges d’espoir, de joie, de contrariété, de découragement. Lui non plus n’estimait pas que la plaisanterie fût excellente ; mais c’est la sottise du régime républicain et l’infamie de ses lois bourgeoises qu’il accusait, avec ses amis qui le jetaient dans cette aventure. Il ne concevait pas que, choisi par ses électeurs, ils n’eussent pas le droit de le choisir.
Cependant, les communistes saisissaient l’occasion de réclamer, au Parlement et par des métignes en plein air, l’amnistie que Maître Pigace avait promise à Panouille.
Sur ces entrefaites, un député mourut. Il était de Lyon. Pour le remplacer, le parti communiste présenta Panouille.
Panouille fut élu député.