Cette élection n’était naturellement pas plus valable que les autres.


Dans sa prison, Panouille attendait impatiemment d’être libéré par l’amnistie. Il rêvait. Conseiller municipal, député, quel avenir se préparait devant lui ! L’Ami du Peuple publiait souvent des articles signés Panouille, que Panouille lisait avec curiosité, et qui vantaient à ses frères les ouvriers agricoles la nécessité de l’union communiste. « A bas la guerre, camarades ruraux ! » clamait le Panouille de ces articles. Et il engageait les prolétaires de la ville et de la campagne à former front unique contre l’ennemi capitaliste.

— Et Marguerite ? se disait-il.

Était-elle mariée ? Il aurait tant voulu la voir, ne fût-ce qu’une fois, avant son mariage ! Mais elle le méprisait sans doute, parce qu’il était en prison, et parce qu’elle ignorait sans doute aussi qu’il avait été élu conseiller municipal de Paris et député de Lyon.

— Marguerite…

Pensait-elle à lui quelquefois ?

— Marguerite…

Et il n’osait rien dire de Marguerite à Maître Pigace, qui eût dédaigné de si maigres soucis.

VIII