Pour défendre sa vie, et qui a été réduit par la force.
Regardez, ses cheveux sont collés aux draps ;
Sa barbe si régulière est désordonnée et hérissée
Comme le blé d’été couché par la tempête.
Il est impossible qu’il n’ait pas été assassiné ;
Le moindre de ces signes en fournirait la preuve.
Pour la logique de ceci n’oublions pas un seul instant que, pour avoir quelque valeur, ces signes et ces indices allégués doivent former un diagnostic rigoureux. La distinction cherchée est une distinction entre la mort naturelle et la mort violente. Tous les indices, par conséquent qui appartiennent également et indifféremment à l’une et à l’autre seraient équivoques, inutiles, et étrangers au but même voulu par Shakespeare. (Note de De Quincey.)
— Les passages cités ont été copiés par le traducteur sur la version de Shakespeare par François-Victor Hugo (tome XIII, pp. 129-130, édition Pagnerre).
[15] Au temps où ceci fut écrit, 1827, je suivais l’opinion commune à ce sujet. C’est un simple défaut de réflexion qui a donné naissance à un jugement aussi erroné. Depuis, après un examen plus serré, j’ai vu de grandes raisons de revenir sur cette opinion, et je suis convaincu à présent (1854) que les Romains, chaque fois qu’un art leur offrait une quantité égale d’intérêt, y ont montré des mérites aussi originaux et naturels que les meilleurs des Grecs. Ailleurs je veux plaider cette cause en détail, dans l’espoir de convertir le lecteur. En attendant, j’étais désireux de placer ici ma protestation contre cette vieille erreur, — erreur qui a commencé par une flagornerie aux préjugés de son temps de Virgile, poète courtisan. Pour le vil dessein de flatter Auguste dans sa rancune vindicative contre Cicéron, et au moyen de l’introduction, à cet effet, du petit membre de phrase orabunt causas melius appliqué à tous les orateurs athéniens opposés aux romains, Virgile ne se fit pas scrupule de sacrifier en gros les justes prétentions de ses compatriotes pris collectivement. (Note de De Quincey.)
[16] Le conte de la Prieure dans le Pèlerinage de Canterbury, de Chaucer, parle d’un petit chrétien mis à mort dans une ville d’Asie par les Juifs pour avoir constamment chanté en leur présence l’hymne : O Alma Redemptoris Mater. La prieure finit en faisant allusion à une légende anglaise très analogue : celle de Hugues de Lincoln, que des Juifs de cette ville auraient mis à mort pour des raisons semblables. (M)