PÉRIR. En parlant de personnes qui n'existent plus, on dirait, elles sont péries, parce qu'alors la pensée est occupée de l'état des personnes qui n'existent plus. Mais si l'on voulait désigner l'époque où elles ont cessé d'exister, ou la manière dont elles ont perdu la vie, il faudrait se servir de l'auxiliaire avoir, et dire, elles ont péri en 1840:—elles ont péri dans un naufrage.

Le même principe est applicable au verbe échouer. Le vaisseau a échoué sur la côte;—le vaisseau que montait mon ami est échoué. V. auxiliaires.

PERSONNE pronom indéfini, a un sens vague, s'emploie sans article et sans adjectif déterminatif, et signifie aucune personne, qui que ce soit: il est toujours du masculin et du singulier: personne n'est assez sot pour le croire;—il n'y a personne qui ne soit fâché.

Personne substantif a un sens déterminé; il est accompagné de l'article, ou d'un adjectif déterminatif, et est féminin: quelle est la personne assez sotte pour le croire?il n'y a pas une personne qui n'en soit fachée.

PERSES. On doit appeler Perses les anciens habitans de la Perse, et Persans ceux d'aujourd'hui.

PERSUADER. La grammaire permet d'écrire,—les modernes se sont persuadés qu'ils surpassaient les anciens—et—les modernes se sont persuadé qu'ils surpassaient les anciens. La raison en est qu'avec le verbe se persuader, le pronom se peut être également régime direct, ou régime indirect du verbe: en effet, on dit persuader quelqu'un, et persuader à quelqu'un.

PEU, suivi d'un pronom relatif, veut le verbe qui suit au subjonctif: il y a peu d'hommes, qui sachent supporter l'adversité.

Un petit peu est une faute grossière: dites simplement, un peu.

Pour le peu que est un barbarisme, il faut dire, pour peu que.

PEUR. La locution conjonctive, de peur que, veut toujours ne devant le verbe suivant: de peur qu'il ne vienne.