PLANCHE IX.
Parmi les beaux ouvrages du célèbre Polygnote, Pausanias parle d'une figure du satyre Marsias assis sur un rocher, et enseignant au jeune Olympe à jouer de la flûte; c'est le même sujet que l'artiste a rendu ici avec tant d'habileté. La grâce et la beauté du jeune Olympe forment une heureuse opposition avec la robuste virilité de Marsias; l'air de tête de ce dernier et l'expression générale du tableau montrent assez que l'artiste a voulu en faire le pendant de celui qui précède, Chiron et Achille. Les ornemens d'architecture qui couvrent le fond de chaque tableau indiquent que ces deux groupes étaient placés dans la même salle, et faisaient partie de sa décoration.
L'ornement qui est au bas n'a aucune relation avec le sujet.
1er SUJET.—Hauteur, 3 P. 7 p°.—Largeur, 3 P. 5 p°. 6 lig. 2e SUJET.—Hauteur, 1 P.—Largeur, 3 P. 5 p°. 6 lig.
PLANCHE X.
On ne peut s'empêcher de reconnaître ici le cyclope Polyphême, célèbre par son amour pour Galatée, et par les dédains que lui fit essuyer sa difformité; mais le peintre s'est écarté de l'opinion commune, en nous représentant son cyclope sous des traits qui ne sont point difformes; il lui donne trois yeux, et dément ainsi l'entreprise d'Ulisse racontée par les poëtes et les mythologues. Un passage de Servius sur l'Enéide (liv. III, vol. 6) vient cependant motiver le caprice du peintre: Multi illum dicunt, unum habuisse oculum, alii duos, alii tres; le cyclope tient sa lyre d'une main; de l'autre, il est prêt à recevoir d'un Génie monté sur un Dauphin, messager de sa Galatée, des tablettes de la même forme que celle qui était usitée pour les distiques amoureux; l'air triste et empressé avec lequel il tend la main, semble exprimer à-la-fois son amour et ses craintes.
La peinture qui est au bas représente un Amour guidant un char attelé de deux cygnes.
1er SUJET.—Hauteur, 1 P. 9 p°.—Même largeur. 2e SUJET.—Hauteur, 8 p°.—Largeur, 1 P.