PLANCHE XVIII.
(XIX de l'Édition royale.)
La dispute d'Apollon et de Marsyas, et le supplice affreux auquel ce malheureux chanteur fut condamné par le jugement des Muses, sont assez célèbres dans la Mythologie. On voit ici le Dieu vainqueur, couronné, assis sur un siége orné d'un coussin, tenant sa lyre d'une main, et de l'autre l'archet (plectrum). Une Muse est à ses côtés et tient une guirlande dont elle est prête à parer la lyre; elle est vêtue d'une tunique brodée, ouvrage phrygien qui rappelle le lieu de la scène. Le jeune Olympe, portant une simple chlamyde et coiffé du bonnet phrygien, se jette aux pieds du Dieu pour implorer la grâce de son maître. Le bourreau, dont les habits tiennent au costume des barbares, attend, le couteau à la main, l'ordre d'exercer son ministère; il considère sa victime, l'infortuné Marsyas, déjà dépouillé et attaché à un arbre. Si le coloris répondait, dans cette peinture, à la beauté de la composition et à l'expression des figures, on pourrait la compter parmi les plus belles de la collection.
Hauteur, 6 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 5 p°. 9 lig.
PLANCHE XIX.
(XX de l'Édition royale.)
Cette peinture représente un Chœur bachique, tels qu'ils avaient lieu dans les fêtes du Dieu, pendant les sacrifices et autour des temples. La première figure assise joue des deux flûtes; la seconde des crotales; le vieillard prend le caractère d'un Silène et joue du tympanum; la quatrième figure tient une lyre, et la vieille assise sur un tabouret garni d'un coussin, est une prêtresse de celles dites Géraires. Ses cheveux sont enveloppés d'un linge (mitra); sa tunique est à longues manches; elle porte d'une main une patère, de l'autre une feuille qui paraît être la nymphée, servant d'aspersoir dans les cérémonies religieuses. Souvent les anciens donnaient cette forme aux éventails (flabella) dont ils se servaient pour exciter le feu sacré. Les trois jeunes femmes ont des tuniques à franges, ornement de luxe et de cérémonie; la joueuse de flûte porte une coiffe qui lui couvre le cou, et qui pourrait faire partie de l'espèce de cape propre à sa profession; la prêtresse seule est chaussée; les autres personnages ont les pieds nus. Cette distinction est fondée peut-être sur l'âge et la dignité de la prêtresse.
Cette peinture et les sept qui suivent furent trouvées dans les fouilles de Portici.