(XXX de l'Édition royale.)
La figure de femme, qui fait l'un de ces deux sujets, est remarquable par la grâce de la pose et par la beauté du dessin. Ses draperies jetées largement laissent à demi-nu une partie du sein et le bras droit; elle porte une chevelure qui, aux Académiciens de Naples, a paru postiche; ils ont cru voir des plumes sur la tête de cette figure; mais peut-être ne sont-ce que des fleurs et des bouts de rubans. Elle tient de la main droite un instrument fort long, et qui semble, par sa forme, destiné porter un flambeau; de l'autre main, elle soutient un tube surmonté d'un aigle: on a cru voir, avec peu de vraisemblance, que c'était une trompe; ce pourrait être une partie des montans d'un siége ou trône portatif d'argent.
Le second personnage couronné de lierre, vêtu d'un simple pallium, ayant des souliers qui couvrent entièrement le pied, et qui, sans cette couronne, à sa barbe bouclée, à sa physionomie pensive, paraîtrait un philosophe, n'est probablement qu'un poète, auteur des drames ou des hymnes qui faisaient partie de la fête à laquelle ces figures paraissent faire allusion.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 1 P. 5 p°. 7 lig.—Largeur, 1 P.
PLANCHE XXVI.
(XXXIV de l'Édition royale.)
La première de ces figures représente un Hermaphrodite. Il relève avec grâce une longue draperie blanche posée sur sa tête; cette draperie retombe sur son bras gauche et la cuisse droite, en laissant à découvert les formes qui le font reconnaître. Son attitude est pleine de mollesse, et il porte cette feuille que nous avons déjà remarquée, employée quelquefois comme aspersoir et souvent comme éventail (flabellum): elle paraît destinée ici à ce dernier usage. Cette feuille, d'un jaune roux, pourrait se rapporter à l'espèce de lierre nommée par Pline (XXIV, 10) cissos erythranos; elle pourrait aussi appartenir une espèce de nymphæa. La fable de la nymphe Salmacis (vide OVID. Met. IV.) explique parfaitement le sens mystérieux que les anciens donnaient ces figures d'Androgynes; leur imagination, vive et brillante, personnifiait toutes les passions et se plaisait à en voir répéter les images. La figure d'Hermaphrodite décorait ordinairement les bains communs à l'un et l'autre sexe, et rappelait, dans ce lieu, l'allégorie de sa naissance.
La seconde figure, posant sur un ornement, qui paraît une partie de chapiteau ionique dessiné sur le côté, et soutenant un fût d'une forme capricieuse, est elle-même un ornement d'architecture. C'est un Atlas, suivant la dénomination des Grecs; un Télamon, suivant celle des Latins. Les figures de femme ainsi employées prennent le nom de Cariatides (vide VITR. IV, 10). La nudité de cette figure, la couronne, le rameau, le disque, la draperie jetée sur le bras, conviennent particulièrement un Camille ou Ministre des sacrifices. Les attributs des Télamons ou des Cariatides varient selon le caprice du décorateur, ou suivant le genre d'édifice auquel ils sont destinés.
CHAQUE SUJET.—Hauteur, 8 p°.—Largeur, 11 p°..