(LIX de l'Édition royale.)

Cette peinture curieuse représente une Cérémonie et un sacrifice suivant le rite égyptien. Le feu sacré s'enflamme sur l'autel à quatre cornes, dont la forme se retrouve dans un grand nombre de médailles et de monumens. Sur la marche de l'autel, on remarque les Ibis, oiseaux sacrés chez les Égyptiens. Tous les personnages sont en action et tiennent des sistres ou différens instrumens du même genre, tels que celui formé d'une chaîne de quatre anneaux et un autre composé d'une aiguille servant d'axe à un cercle garni de grelots. La figure la plus apparente du bas du tableau, est celle d'une femme à genoux, la tête ceinte d'une couronne et dans l'attitude de faire une offrande; elle est vêtue d'une tunique blanche et d'un manteau rouge, dont une partie, retombant sur l'épaule, est ornée de franges, habillement qu'on remarque dans les cérémonies religieuses des Égyptiens. Derrière elle est un jeune homme, tenant un sistre et une branche, ayant la tête rase, nu jusqu'à la ceinture, et du reste enveloppé d'une draperie blanche; c'est le costume particulier des prêtres. Un autre costume remarquable est celui du personnage qui danse au sommet des degrés; il est d'une teinte brune, barbu et revêtu d'un habit succinct de couleur violette, qui ne couvre que le buste, en forme de cuirasse, habit qui convient un dieu guerrier et conquérant, comme l'était Osiris. Ce personnage paraît faire le sujet principal du tableau; ce n'est probablement qu'un prêtre, dans l'habit d'Osiris sortant du temple, au milieu du bruit des acclamations et des instrumens sacrés, et qui, peut-être, comme celui de Juvénal, joue l'Anubis et se moque de la superstitieuse crédulité de ses dévots. La scène se passe à l'entrée d'un temple, ou, pour mieux dire, dans le peribolos ou enceinte extérieure, comme l'annoncent les deux colonnes, les cinq degrés et l'épistyle; chaque colonne est ceinte d'une guirlande de lierre, plante consacrée à Osiris, et décorée d'une branche de palmier; au milieu est suspendue une couronne de feuillage. Tous les personnages sont pieds nus en signe de respect. Les ordres grecs, la structure du temple et le palmier qui domine le mur latéral, semblent désigner que cette solemnité se passe Alexandrie.

SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 2 P. 3 p°. 6 lig.—Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.

PLANCHE XXXI.

(LX de l'Édition royale.)

Cette peinture, qui fait le pendant de la précédente, trouvée avec elle dans les fouilles de Portici, retrace une solemnité en l'honneur d'Isis, divinité qu'on ne séparait pas d'Osiris, son époux et son frère. Sur le devant est l'autel orné d'une guirlande; un prêtre excite le feu sacré avec un éventail, semblable à ceux encore en usage de nos jours; près de lui est un autre ministre vêtu d'une tunique blanche, étroite et à longues manches, tenant un long bâton et un autre instrument en forme de sceptre, attribut appartenant aux héraults des cérémonies (Hieroceryces); au pied des degrés est un autre ministre tenant un instrument semblable et un sistre. Les assistans sont rangés sur deux files; en tête et d'un côté est un joueur de flûte, et de l'autre, deux personnages consacrés au culte; onze degrés conduisent au parvis du temple; de chaque côté, sur un grand appui, est un Sphinx, la tête surmontée d'une feuille de lotus; une balustrade ferme l'entrée du temple. Le chef des prêtres, le Prophête, est revêtu d'une tunique talaire, et d'une sorte de mante à franges dans laquelle il enveloppe ses mains pour porter l'hydria, le vase à l'eau, symbole de la Déesse même, offert à l'adoration du peuple. Deux figures se voient sur le même plan; l'une, qui paraît un prêtre, a la tête rase, et porte une draperie au-dessous du sein; il joue du sistre, et semble regarder l'autre figure: celle-ci est une femme habillée en Isis, revêtue de longs habits et d'une chlamyde peinte de diverses couleurs; elle a les cheveux longs et porte un sistre et un seau, telle que nous voyons la Déesse dans plusieurs monumens postérieurs à la conquête d'Alexandre. On remarque les Ibis au pied de l'autel comme dans le sujet précédent. L'instant de la cérémonie paraît être celui où le prêtre congédiait l'assistance, en offrant à sa vénération le vase sacré avant de fermer le temple. (Vide. Clem. Alex. Str. v. p. 633).

SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 2 P. 3 p°. 6 lig.—Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.

PLANCHE XXXII.