Dans le marbre glacé telle est une bacchante.

Tes blonds cheveux épars sont le jouet des vents;

Ton jeune sein franchit ses liens impuissans;

Ce voile à ton insu te laisse à demi-nue,

Et les pleurs sans couler sont tremblans dans ta vue.

PH. CH.

Hauteur, 1 P. 3 p°.—Largeur, 1 P. 2 p°. 6 lig.

PLANCHE XV.

Ariadne à son réveil, comme dans le tableau précédent, voit fuir Thésée qui l'abandonne, demi-nue, dans une attitude semblable, parée de bracelets, d'un riche collier et de pendans. Elle est accompagnée de deux figures; l'une est l'Amour pleurant, tenant son arc et ses traits renversés; l'autre une Divinité aîlée, qui prend une part très-vive à la scène, en indiquant d'un air menaçant le vaisseau qui s'éloigne. Les voiles en sont d'une teinte obscure, et rappellent l'oubli funeste qui causa la perte d'Égée, père du héros. Cette Divinité aîlée pourrait être Némésis, déesse implacable et vengeresse des torts des amans. C'est à ce titre et avec ces attributs qu'elle avait des statues à Smyrne, au rapport de Pausanias (lib. I, 33). La vivacité de son mouvement s'accorde avec cette explication, et peut faire allusion à la fatalité attachée à ces voiles obscures. Le timon qu'on voit sur le rivage est un témoin de la précipitation du héros.