PLANCHE XLVI.

(XXVIII, t. VII de l'Edition royale.)

Le beau Narcisse, dans une attitude négligente et gracieuse, contemple son image dans le miroir d'une fontaine; il est couronné de fleurs; sa draperie qui a glissé sur le rocher, ne cache rien de la délicatesse de ses formes; il s'admire, et l'amour de lui-même le remplit d'une douce satisfaction, amour fatal, suivi d'un vain désir que Vénus ne connaît point et qu'elle ne peut récompenser! Déjà Cupidon désolé renverse son flambeau; le fils de Céphise va bientôt tomber desséché; une fleur funeste prendra sa place et son nom. Craignez, jeune amant, de faire respirer sa dangereuse vapeur à votre amante; mais si la mort vous ravit l'objet de vos amours, alors, seulement cueillez le narcisse, couvrez sa tombe de cette triste fleur, elle est consacrée aux tombeaux.

Hauteur, 1 P. 9 lig.—Largeur, 1 P.

PLANCHE XLVII.

(XXXI, t. VII de l'Edition royale.)

La passion de Narcisse est exprimée, dans ce tableau, avec plus de vivacité encore que dans le précédent. Plaignez-le, jeunes beautés, si ce n'est point lui-même qu'il cherche dans son image. Ecoutez: Narcisse avait une sœur jumelle qu'il aimait uniquement; belle comme lui, une ressemblance parfaite semblait offrir le même modèle en deux êtres différent. Ils s'habillaient l'un comme l'autre, ils allaient ensemble à la chasse, ils ne se quittaient point. Narcisse perdit sa sœur; inconsolable, il s'arrêtait au bord des fontaines, et, trompé par sa propre image, il croyait revoir cette sœur adorée. S'il s'éloignait, son bonheur le fuyait; il ne voulut plus s'écarter de la rive enchanteresse; en vain Echo soupira pour lui; en vain l'Amour voulut, le rappeler dans son empire. Irrité, l'Amour renversa son flambeau, la vie du malheureux Narcisse s'éteignit avec la flamme de l'amour, et une lugubre fleur consacra la mémoire de sa triste aventure.

Hauteur, 1 P. 9 p°.—Largeur, 1 P. 6 p°.