Un marbre du Capitole portant le nom de Métrodore, offre assez de ressemblance avec ce buste, pour lui faire donner le même nom. Ce philosophe, né à Lampsaque, fut l'ami fidèle d'Épicure, et n'en fut séparé que par la mort, qui l'enleva sept ans auparavant, à l'âge de cinquante-trois ans: «Homme de bien en toutes choses, et qui ne se laissa point avilir devant l'adversité ni devant la mort même», il partagea les respects des Epicuriens avec leur fondateur. Épicure le voulut lui-même; et par son testament, après avoir assuré le sort des enfans de Métrodore, il ordonna que, le 20 de chaque mois, ses disciples honoreraient la mémoire de son ami avec la sienne; ce qui fut religieusement observé tant que dura la secte Épicurienne: preuve touchante d'une amitié profonde, legs généreux et unique par lequel un ami rappelle un ami, qui s'était éteint avant lui, à une succession inaliénable, à une portion de cette gloire qui fait le patrimoine des grands hommes dans la postérité. Métrodore aimait, et prit pour concubine ou pour femme, la courtisanne Léontium, disciple elle-même d'Epicure, célèbre par sa beauté, par l'élégance de ses mœurs, par son esprit, et par ses lettres contre Théophraste. Il mourut d'hydropisie, et s'il paraît ici plus jeune et plus sec que dans le marbre du Capitole (voyez Mus. Cap. tom. I. pl. 5.), on peut supposer que notre buste le représente avant sa maladie.

Trouvé à Résine, ainsi que les cinq qui précèdent, en 1753.

Hauteur, 6 p°. 10 lignes.

PLANCHE XIX.

(P. 27, 28, t. V de l'Edition royale.)

Des têtes attribuées à Platon, sur la foi de quelques inscriptions apocryphes, ont fait regarder comme des portraits de ce philosophe, des figures à longue barbe, avec les cheveux artistement arrangés, marques de mollesse qui paraissent à peine convenir aux plus efféminés des hommes. La même erreur a eu son application dans le bronze que nous avons sous les yeux. M. Visconti, dans son explication de la statue appelée le Sardanapale (Mus. Pio-Clem. t. II, pl. 41), a prouvé que toutes ces images représentent Bacchus pogon ou barbu. Cette opinion se fortifie par la comparaison des monumens; c'est ainsi qu'on retrouve dans le bas-relief, connu auparavant sous le nom du Festin de Trimalchion, le Bacchus Indien, parfaitement semblable au prétendu Sardanapale. D'autres figures antiques citées par l'éditeur du musée Pio-Clémentin, portent ces mêmes signes de mollesse, que les peuples de l'Orient attribuèrent au Dieu qui les soumit par les plaisirs. M. d'Hancarville (t. I, pl. 104) avait été du même avis, par rapport au bronze qui fait le sujet de cette planche, et qui, pour l'excellence de l'art, comme pour la finesse de l'exécution, est l'un des plus parfaits que les siècles aient respectés. L'inclinaison de la tête est un attribut divin qui, comme on sait, désigne les Dieux favorables, se penchant vers les mortels (respicientes). La bandelette qui sert à retenir plusieurs touffes de cheveux, est un ornement dont on voit rarement privées les têtes de Bacchus; c'est le diadême qu'il inventa, ou, si l'on veut, le credemnon, espèce de voile qui couvrait quelquefois toute la tête, et quelquefois se portait plissé ou roulé en forme de turban. On peut voir le rapprochement de plusieurs images du Bacchus barbu, dans les Monumens antiques du musée Napoléon, publiés par F. et P. PIRANESI, frères. Paris, 1804, t. II, pl. 3 et suiv.

Trouvé à Résine, en 1759

Hauteur, 2 P. 1 p°. 6 lig.