(P. 47, 48, t. V de l'Edition royale.)
Ce buste, trouvé avec le précédent dans les fouilles de Portici, en 1753, semble lui servir de pendant; et si, dans le premier, on reconnaît Auguste, on peut voir dans celui-ci son épouse Livie. Parmi les médailles assez rares qui portent le nom de cette princesse (Patin, à Suet. cap. 63, XI, n°. 4. Vaillant, num. col. t. I, p. 77). Plusieurs offrent un rapport assez exact avec les traits et la coiffure de cette figure, pour favoriser cette opinion. La jeunesse qui brille dans les deux têtes, nous offrirait ce couple illustre à l'époque de son union. Livie Drusilla, fille de Livius Drusus Claudianus, épousa, à peine sortie de l'enfance, Tibère Néron, dont elle eut Tibère, qui fut ensuite empereur. Son premier fils avait trois ans, et elle était enceinte de son second fils Drusus, quand son mari fut obligé de la céder à Auguste, avec lequel elle avait déjà une intrigue amoureuse. L'oracle consulté sur ce mariage, si nous devions nous en rapporter à Prudence, poète chrétien du 5.e siècle, ne contraria point la suprême puissance, et fit cette réponse adroite qui renferme autant de sel que de complaisance: «Que les torches de l'hyménée ne pouvaient jamais s'allumer plus à propos que lorsque la nouvelle épouse apportait dans l'union conjugale, des marques de sa fécondité». En conciliant les opinions différentes des écrivains, on trouve que Livie n'avait pas plus de vingt ans quand elle passa dans les bras d'Auguste, qui en avait alors vingt-cinq; l'âge des personnages dans les deux bronzes, se rapporte assez à cette remarque. D'autres ont cru voir dans le dernier, Julie, fille d'Auguste et de Scribonia, souvent confondue dans les médailles avec sa belle-mère; mais en laissant des conjectures qui peuvent toujours être combattues, peut-être devrait-on plutôt reconnaître dans ces bustes en forme d'Hermès, quelques divinités, à-moins que l'on ne se plût à considérer cette forme même, comme un signe d'adulation, comme l'indice de l'apothéose.
Hauteur, 1 P. 4 p°. 4 lignes.
PLANCHE XXX.
(P. 49, 50, t. V de l'Edition royale.)
Sans recourir à des conjectures recherchées, on pourrait reconnaître dans ce bronze une tête de Mercure; les cheveux crépus, l'inclinaison de la tête; le rapport facile à saisir entre ses traits et ceux du Mercure précédemment dénommé l'Antin, favoriseraient cette explication. On a vu dans la sévérité de cette figure, une expression mélancolique qui convenait au portrait moral de ce neveu chéri d'Auguste, son fils adoptif, ce prince vertueux, digne de la fortune à laquelle il était destiné, moissonné dans la fleur de la jeunesse, les amours du peuple romain: «Marcellus adolescent, dit Sénèque, d'un esprit vif, d'un génie puissant, d'une frugalité et d'une retenue bien admirables dans son temps et dans sa fortune, patient dans le travail, éloigné des voluptés, capable de porter tout le poids que son oncle lui aurait imposé, et pour parler ainsi, tout l'édifice de la grandeur qu'Auguste eut voulu fonder sur lui (Sen. ad Marc. 2). Il tomba, et sa vingtième année s'arrêta devant lui (Prop. III, E. XII, 35). Jeune homme distingué par sa beauté et ses armes brillantes; mais le front peu joyeux et le visage abattu (Virg. Æn. VI, 863)». Si rien ici ne répugne à ce portrait touchant, si quelques gemmes antiques ayant avec notre bronze un grand degré de ressemblance, ont mérité la même application (Fabri, n°. 87.—Mus. Fiorent, t. I, tav. II, n° 5.—Mus. Cap. t. II, tav. IV, etc.); nous devons dire aussi qu'aucune autorité suffisante ne l'a confirmée, et nous ne rapportons cette opinion que parce que la mémoire se repose agréablement sur un prince regretté de son siècle, et dont la conservation eut peut-être sauvé le peuple romain de l'oppression et de l'avilissement où il tomba sous ses maîtres après Auguste.
Hauteur, 1 pied 7 p°.