Hauteur, 10 p°.

PLANCHE XI.

(P. 8, t. V de l'Edition royale.)

Le diadême, les corymbes de lierre, le voile qui couvrent la tête de cette figure, indiquent, selon les Académiciens d'Herculanum, un prêtre de Bacchus; les prêtres sacrifiaient aux dieux la tête voilée, usage venu à Rome de la Phrygie. Les ministres du culte affectaient aussi dans leur costume d'imiter leurs divinités, et cette coiffure, mitra, dont Bacchus était l'inventeur, lui avait fait donner le surnom de mitrophore; le geste expressif de l'index élevé, est, sans-doute, relatif aux mystères; on a cité à ce propos ce vers d'Orphée: «Jupiter, Pluton, le Soleil et Bacchus ne sont qu'un seul»: comme si tous ces Dieux se trouvaient réunis dans Bacchus. C'est pour cela qu'il a été considéré comme le Dieu universel, et qu'il a été appelé Panthée (Auson. ép. 29 et 30). Cependant les accessoires qui peuvent déterminer le caractère de ce buste, servent à M. Visconti pour appuyer une opinion différente; c'est Hercule, habillé en femme, à la cour d'Omphale, et célébrant, avec la reine de Lydie, les fêtes de Bacchus. La célèbre pierre gravée, du cabinet d'Orléans, où Hercule jeune paraît voilé jusqu'au menton, de la même manière, rend cette opinion presque démontrée.

Hauteur, 8 p°.

PLANCHE XII.

(P. 9 et 10, t. V de l'Edition royale.)

La figure du premier buste est couronnée de feuilles, de corymbes de lierre et de grappes de raisin; dans un pan de sa draperie, elle porte des raisins et des figues, et de la main droite elle penche un vase sur les fruits, comme si elle les arrosait. L'expression gracieuse et délicate de la tête, la jeunesse dont elle brille, conviennent à Bacchus, qui partage avec Apollon le don d'une beauté toujours nouvelle; mais les fibules qui attachent la draperie sur les bras, portent à croire que c'est une nymphe, l'une des nourrices ou compagnes du Dieu, et qui tempère sagement la force de ces fruits par le mélange de l'eau; ce mélange était sacré chez les peuples polis de la Grèce; il n'appartenait qu'aux barbares de boire le vin pur, et c'est ce qu'Anacréon appelle boire à la scythique. De-là, peut-être, cette différence du Bacchus sauvage et furieux dont nous avons parlé précédemment (pl. IX), et du Bacchus vainqueur et législateur des peuples de l'Orient, portant dans sa beauté immortelle le caractère d'une divinité bienfaisante. La proportion du mélange était ordinairement de trois parties d'eau sur deux de vin, et les plus sobres suivaient celle de cinq à deux.