— Hé bien ? Et ce mot que vous disiez ?

L’acteur regarde l’auteur, puis le patron, puis regarde encore l’auteur…

— C’est l’auteur qui ne veut pas…

— Pourquoi ça ? dit le directeur, son visage étonné tourné vers Gédéon.

— … Le mot est amusant, dit Gédéon… Il est très amusant. Mais vous ne trouvez pas qu’il détonne un peu ?…

— Vous êtes sûr d’un gros effet de rire, affirme le patron.

— Je ne dis pas non… C’est très probable. Mais je ne sais pas si, à ce moment-là…

— … Vous faites une pièce comique, et vous ne voulez pas qu’on rie… Très bien. Gadriel, vous ne direz plus le mot, puisque Monsieur Gédéon ne veut pas qu’on le dise. Monsieur Gédéon est le maître de son texte.

(Monsieur, devant le nom patronymique, est, sur un plateau, le terme le plus méprisant que l’on puisse employer.)

Monsieur Gédéon se dit que c’est la brouille, ou tout au moins la froideur désolante… Il vaut mieux céder.