On est agité, mal disposé. L’approche de la première vous a enlevé toute confiance. Les interprètes répètent sans conviction. A quoi bon chercher un titre pour cette pièce mort-née ?… On cherche tout de même. On trouve quelque chose qui vous emballe. Un parent partial vous déclare que c’est merveilleux… On apporte le titre au directeur.
— Et c’est pour ça que vous avez réfléchi toute la nuit ?
Le directeur appelle un de ses pensionnaires.
— Nous avons un titre pour la pièce. Vous allez me dire ce que vous en pensez.
Et il prononce le titre d’une voix molle.
L’artiste regarde l’auteur, puis le directeur… Puis il fait la moue.
On cherche autre chose que l’on soumet à un autre artiste, qui a la spécialité de ne se tromper jamais sur les titres. Or il déclare que les titres que vous lui proposez sont des titres de fours.
Cet artiste a un sens mystérieux de ce qui doit réussir. Il raconte lui-même à ce sujet des histoires édifiantes. A Deauville, il prend un nom de cheval sur le programme, et, sans s’y connaître, trouve le gagnant. C’est incompréhensible, mais c’est comme ça.
On découvre le lendemain un autre titre. Pas mauvais, dit le directeur, mais trop long pour l’affiche. Vous auriez des lettres grêles, qui ne se verraient pas.
« Après vous, s’il en reste », est un titre de revue. « Le mécano et la danseuse »… ça n’est jamais qu’une pièce en un acte.