A vrai dire, tous les auteurs dramatiques ne nourrissent pas constamment des sentiments aussi odieux.
Ainsi, par exemple, les auteurs qui ne sont pas sur l’affiche permettent à la température d’être clémente, et joignent même leurs vœux à ceux des autres hommes pour invoquer le soleil et les plus chauds de ses rayons.
Comment voulez-vous, après cela, que la Puissance céleste puisse contenter tout le monde ?
Admettons qu’un jour elle résigne ses pouvoirs, et laisse au genre humain lui-même le choix de la température. Quelle anarchie ! Quels ordres contradictoires !
Ce soir, le directeur de l’Athénée souhaite qu’il fasse frais. Celui de l’Alcazar d’été s’accommoderait mieux d’une chaleur étouffante.
Dimanche prochain, les théâtres exigeront de la pluie. Le directeur du Vélodrome Buffalo désirera un ciel absolument pur.
La température sur mesure qui conviendrait à un directeur de Paris devrait être à peu près réglée sur le programme suivant :
De six à dix degrés l’hiver. Les grands froids, le gel et la neige sont à éviter. La neige et le verglas empêchent les voitures de marcher. Pas de voitures ; pas de clients aux places chères. Cependant, depuis l’invention des autos, le gel est moins à craindre.
En tout cas, le grand froid donne aux Parisiens un goût de home, à notre point de vue spécial, très fâcheux.