— Olga, dit la dame, voici ta nouvelle maîtresse.
La grande petite fille, d’une secousse polie, fléchit rapidement les genoux. Catherine ne savait pas si elle devait saluer de cette façon. Dans le doute, elle ne salua pas du tout.
Cependant, les grands-parents avaient quitté la pièce…
— Quand l’autre demoiselle m’a donné la première leçon, dit avec gravité la petite fille, nous étions en train de lire les Aventures de Télémaque. Nous en étions à la page 120. Je lisais tout haut et, chaque fois qu’il y avait un mot que je ne comprenais pas, mademoiselle me l’expliquait. Est-ce que nous ferons de même, mademoiselle ?
Le visage de Catherine ressembla assez, à ce moment, au visage éploré d’une personne qui nage mal et à qui on propose de faire une petite partie de natation dans un lac de soixante mètres de profondeur. Heureusement, derrière la petite fille, les yeux chavirants de l’institutrice rencontrèrent ceux du valet de chambre, qui, d’un rapide clignement, firent signe qu’il fallait accepter. Catherine accepta, la voix défaillante.
Pendant que la petite fille allait chercher son livre…
— Voilà, dit Planchet, écoutez-moi bien. Vous allez lui dire que vous avez une méthode de travailler à vous…
— Je ne saurai jamais dire ça…
— Alors ne parlez pas de méthode. Dites-lui simplement : « Mademoiselle, je ne répondrai pas tout de suite à vos questions. Chaque fois que vous aurez un mot que vous ne comprendrez pas, vous l’inscrirez sur une feuille de papier. Vous tâcherez de trouver vous-même le sens sur un dictionnaire… »
— J’ai compris, dit Catherine qui n’était pas une petite bête…