Le Directeur. — Mon vieux, est-ce vous ou n’est-ce pas vous qui l’avez demandé ? Ce n’est pas faute de vous avoir prévenu, au moins ! Omer, c’est entendu, le public l’a à la bonne ; ça durera ce que ça durera. Pour le moment, ça dure encore, et Omer, qui compte là-dessus, n’en fiche plus une secousse. Et ce n’est pas un monsieur à qui on peut dire quelque chose. Vous avez voulu l’avoir, vous l’avez : il n’y a qu’à l’encaisser maintenant… Dites donc, mon petit, j’ai quelqu’un à recevoir. Je vous rejoins sur le plateau.
SCÈNE DEUXIÈME
L’AUTEUR, OMER
(Sur le plateau)
L’Auteur. — Écoute, je n’aime pas beaucoup ce que le patron t’a demandé de faire hier…
Omer. — Il faut le lui dire, mon vieux ! C’est à moi que tu dis ça ? Tu as fait ta pièce. Tu as le droit de la faire jouer comme tu l’entends.
L’Auteur. — Il est tellement susceptible ! Si c’était plutôt toi qui lui disais que tu ne sens pas la scène comme ça ?…
Omer. — Alors, c’est à moi qu’il en voudra. Je ne marche pas.
L’Auteur, résigné. — Il changera peut-être d’avis tout seul…
Omer. — Plus sûrement, en tout cas, que si on lui fait la moindre observation.
SCÈNE TROISIÈME
OMER, LE DIRECTEUR
(A l’avant-scène, pendant que l’auteur est en conversation avec une petite interprète, au fond du plateau.)
Omer. — C’est curieux, ni au un, ni au deux, ni au trois, je ne retrouve ma bonne impression de la lecture. C’est creux. C’est banal… On pourrait peut-être lui dire de retravailler son deux…