A quoi Constant Coquelin répondait :
« Je le prends de la hauteur de celui au nom de qui je parle ! »
Phrase très claire, en somme, où la noblesse de l’intention l’emportait sans doute sur l’élégance de l’expression.
Un jour, je perçus ces mots, qui s’appliquaient au comte de Moigneville (gentilhomme que les conjurés soupçonnaient de trahison) :
« Il a un pied dans tous les partis. »
Je m’approchai de Jean Coquelin, et lui dis à voix basse :
« S’il n’y avait que deux partis, ça irait bien. Mais il y en a davantage ; ne trouves-tu pas que ça fait beaucoup de pieds pour un seul homme ? »
Jean Coquelin glissa à Georges Ohnet une observation discrète et respectueuse. L’auteur modifia le texte, et l’on dit dorénavant du comte de Moigneville :
« Il a des intelligences dans tous les partis. »
Le mot pied était remplacé par le mot intelligence. La langue française a de ces ressources inespérées.