Mais partez bien de cette idée qu’il est extrêmement dangereux de laisser un directeur en tête-à-tête avec un manuscrit.
Même s’il ne le lit pas, c’est très grave.
La seule présence sur son bureau d’un gros cahier à couverture orange ou bleue suffit à le dégoûter de la pièce et de l’auteur.
Faites toujours dactylographier votre œuvre en plusieurs copies, de façon à pouvoir remettre à chaque directeur nouveau un manuscrit tout frais. Il ne faut pas que l’ouvrage semble avoir été profané par d’autres regards.
Je ne vous proposerai pas du tout en exemple ce jeune confrère qui parsema son manuscrit d’annotations au crayon anonyme : excellent, saisissant, gros effet certain. Même si le directeur eût pu être dupe de cette roublardise un peu grosse, c’était d’une mauvaise psychologie. Car un directeur est l’être le plus jaloux du monde. S’il lui plaît d’aimer une pièce, il veut être le premier à l’aimer.
Il n’est pas mauvais, pour avoir plus facilement ses entrées auprès des directeurs, de se faire « une situation dans le journalisme ».
Mais comment y arriver ?
Voici l’histoire instructive de notre confrère Joseph Lembaumé.