Nous prîmes congé de M. Moriceau, en nous excusant, et nous allâmes dans les rues, un peu au hasard, en songeant à ce que nous venions d’apprendre.
En tout cas, nous savions quelque chose de nouveau; Larcier avait certainement passé par Paris. Il avait employé là un nommé Marteau qu’on pourrait peut-être retrouver.
Mais à quel hôtel était descendu Larcier? J’avais été assez distrait pour oublier de demander à M. Moriceau si par hasard il ne le savait pas.
Je priai donc Blanche de m’attendre, et je remontai chez l’homme d’affaires. Je le rencontrai au moment où il allait sortir. Il portait un chapeau haut de forme très brillant et des gants blancs encore présentables.
Au moment où Marteau était venu de la part de Larcier chercher l’argent, M. Moriceau s’était aperçu qu’il n’avait pas chez lui une somme aussi forte. Il proposa donc à Marteau de lui faire porter cette somme à l’hôtel.
Marteau hésita. Il dit que M. Larcier allait quitter Paris tout de suite... Puis, sur l’insistance de M. Moriceau, Marteau finit par indiquer l’hôtel. C’était l’hôtel Savarin, rue Saint-Denis. Une heure après cette conversation, M. Moriceau avait envoyé sa bonne porter la somme à l’hôtel, elle y avait trouvé Marteau, qui lui avait remis le reçu.
Je demandai à M. Moriceau le signalement de Marteau. C’était un homme âgé, bien dans le type de ces vieux hommes d’affaires, faits au rebuffades, qui s’occupent des recouvrements de créances. M. Moriceau ne le connaissait pas, mais on retrouverait facilement sa trace.
Nanti de tous ces renseignements, je retrouvai Blanche. Nous nous dîmes avec satisfaction que nous avions une piste. Nous étions contents de nous rapprocher de la vérité et peut-être d’avoir enfin trouvé un bon prétexte pour être ensemble à Paris.
Nous allâmes sans retard à l’hôtel Savarin. C’est un petit hôtel, très étroit de façade, comme il y en a tant dans les rues du centre. Le bureau, attenant à un petit salon, se trouvait au rez-de-chaussée, à gauche de l’allée d’entrée.
J’avais eu l’idée de retenir une chambre à l’hôtel, afin de m’y installer. Il m’était ainsi plus facile de causer avec les gens de la maison que si j’étais venu en inquisiteur.