—Hé bien, Henri! Vous avez fait voir la maison?... Je suis sûre qu'il ne vous a rien fait voir du tout, et qu'il est allé avec vous bavarder dans un coin. Et maintenant il est temps qu'il aille dormir...

—Mais non, fit Henri, un peu gêné.

—Il s'est levé ce matin à quatre heures, dit Antoinette à Julien. Ils ont fait des manœuvres toute la matinée. Et il est venu à midi en auto... Allez vous coucher, Henri.

—Vous permettez? dit Henri à Julien.

Et il s'éloigna avec satisfaction.

—Il vient ici presque tous les jours, dit Antoinette. C'est un très dur métier...

Elle se tut. Et Julien ne trouvait rien à dire. Il était venu cependant pour la conquérir. Mais ce que lui avait dit Henri l'avait un peu glacé. Elle était si sérieuse que cela? Conquête impossible? Ou conquête très difficile? Julien se trouvait envahi par une grande lâcheté... D'autre part, s'il était venu à la campagne, c'était pour s'occuper.

Il eut alors l'impression d'être en grande détresse parmi tous ces étrangers.

—Vous travaillez beaucoup, je vois? dit-il à la marquise.

Elle se mit à rire. Sans doute, elle avait senti qu'il disait cela pour dire quelque chose.