Cependant, il s'agissait de donner une sanction à ces paroles. Celle qui s'imposait était assez difficile à exprimer. Comment dire: «Revenons à Bourrènes»?

Il prit son parti, et en souriant un peu amèrement, il dit à demi-voix:

—Nous allons revenir à Bourrènes...

Elle n'osa pas accepter tout de suite.

—... Peut-être, fit-elle.

Une grande paix rentrait dans leur âme.

—... Alors, dit-il, il faut évidemment revenir le plus vite possible. Mais il n'y a pas d'express pour Tours avant celui de six heures et demie. Et d'ailleurs, je ne sais pas si nous pouvons le prendre: j'ai rencontré tout à l'heure un commandant qui vous connaît, et qui dit s'en aller par ce train-là.

—Oh! alors, il ne faut pas, dit Antoinette.

—Je vais tâcher, dit Julien, de nous procurer une automobile. Il y en a certainement à louer dans Angers. Avec une voiture passable, en trois heures, nous pouvons être à Bourrènes pour le dîner.

—C'est ce qu'il faudrait, dit-elle.