— Vous avez une forte voiture ?
— Oui, depuis quinze jours. Avant j’avais la quatorze six cylindres que vous connaissez. J’ai pris maintenant la nouvelle vingt-quatre. C’est la première de ce modèle qui soit sortie ; on lui a fait faire ces temps-ci plus de trois mille kilomètres et elle est tout à fait au point. Je ne veux pas vous offenser ; nous irons encore plus vite qu’avec la vôtre.
— Mais quel retard pour qu’elle vienne jusqu’ici !
— Deux heures tout au plus. Si le chauffeur n’est pas là, le garage le préviendra, il habite à côté.
— Tout cela est-il possible ? Et puis que ferons-nous pour nos bagages ?
— J’ai exactement ce qu’il vous faut comme mallettes. Je crois même qu’elles sont un peu plus spacieuses que les vôtres. Nous ferons le déballage sur la route, voilà tout. Nous avons la veine qu’il fasse beau. En nous y mettant tous, qu’est-ce que ça va nous prendre ? Un quart d’heure. Je ne suis pas très épatant pour ranger les vêtements dans les malles, mais je pourrai toujours vous les passer.
— Oui, dit Laurence, mais je songe à une chose. Nous allons à l’étranger. Est-ce que vous avez des papiers pour votre voiture ?
— Soyez tranquille, dit Georges, j’ai été en Suisse il y a quinze jours. J’ai mon triptyque et mon carnet international. Je téléphonerai à mon chauffeur qu’il n’oublie pas son passeport personnel.
Béatrice se calmait, soulagée ; elle se prit même à sourire.
— Ce n’est pas mal, dit-elle ; c’est moi qui vous invite…