Un des deux messieurs qui lisaient les dépêches se détacha du groupe. Il avait aperçu Mme Olmey et faisait de grands gestes de bras…

Elle ne le laissa pas venir jusqu’à elle. Elle alla à sa rencontre et il sembla à Georges qu’elle l’attirait un peu loin pour éviter de lui parler devant Mme Murier. Mais ce fut encore une de ces impressions qu’il enregistra simplement, sans lui accorder une attention spéciale.

Le monsieur était un de ces personnages distingués que l’on a certainement rencontrés dans le monde, mais que l’on ne peut étiqueter d’aucun nom. C’était un homme assez âgé et rien dans son attitude n’indiquait que ce pût être un flirt de Mme Olmey.

Pourquoi avait-elle tenu à lui parler en tête à tête ?

Mais ce ne fut que plus tard que Georges songea à se poser cette question.

Elle quitta enfin le monsieur pour revenir à ses compagnons. Un employé de la réception se tenait prêt à faire visiter aux nouveaux arrivants les chambres que Georges venait de retenir. Comme ils traversaient le hall pour arriver à l’ascenseur, Georges fit un pas pour s’approcher du tableau des dépêches. Mais Béatrice qui, depuis son entretien avec l’autre monsieur, semblait assez préoccupée, reprit tout à coup un enjouement inopiné et qui sonnait un peu faux. Elle avait saisi le bras de Georges et le ramenait dans la direction du « lift ».

— Vous nous appartenez, je vous ai déjà dit. Vous n’avez pas à penser au reste du monde. Il n’existe pas pour vous.

En effet, elle lui avait déjà dit cela à Moret-sur-Loing, quand elle l’avait empêché de lire les journaux…

Il la suivit docilement.

Toutefois, il se promit bien qu’un peu plus tard il reviendrait dans ces parages et jetterait un coup d’œil sur ces télégrammes interdits.