Mais Laurence était décidément émancipée.

— Non, fit-elle, non, vous nous emmenez tous les deux avec vous, sans crier gare et presque sans nous demander notre avis… Comme c’est gentil de nous lâcher ! Si vous ne voulez pas descendre, je ne descendrai pas non plus.

— Allons, fit Béatrice résignée, j’irai donc avec vous.

— Très bien, dit Laurence, et je vous garantis qu’une fois en bas vous vous amuserez beaucoup. Je vous connais. C’est la réaction de l’auto. Vous savez que nous ayons fait une étape énorme ? Aussitôt que vous serez à table, vous aurez faim ; vous mangerez et toute votre fatigue passera.

— Je veux bien, dit Béatrice.

— Alors, mesdames, à tout à l’heure dans le hall ; j’ai vu qu’on s’habille dans cet hôtel, je vais mettre mon smoking…

… Bizarre ! Bizarre ! répétait pour lui-même à mi-voix le compagnon de ces dames en cherchant l’escalier qui menait à l’étage au-dessus.

Il n’aimait pas se fatiguer l’esprit sur des mystères dont l’explication lui paraissait trop cachée. Il laissait à d’autres plus tenaces les enquêtes difficiles. Il préféra penser à autre chose, d’autant qu’il avait à sa disposition un sujet assez attrayant de songerie.

V

Un escalier qui tournait dans une cage rectangulaire se présenta à Georges avec ses deux paliers.