Arrivé au premier palier, il se déclara à voix haute :
— Elle est adorable.
Il ne cherchait pas une expression rare qui traduirait une impression nuancée. Ce qu’il lui fallait pour l’instant, c’était une affirmation nette ; en réalité, avant de prononcer cette parole définitive, il n’était pas sûr que Béatrice fût adorable…
Dès cette proclamation, elle fut adorable officiellement et définitivement.
C’est ce que le populaire appelle se monter le coup.
Mais un homme aussi averti que l’était Georges ne pouvait se monter le coup que pour un objet qui en valait la peine.
« Elle est adorable », dit-il encore, quand il fut sur le deuxième palier.
Et comme il arrivait à la porte de sa chambre :
« Ah ! je suis embarqué », pensa-t-il.
Il jeta les yeux autour de lui pour la forme. La pièce était spacieuse et confortablement meublée. La mallette vert-olive, installée déjà sur un pliant à sangle, enlevait à l’appartement son air anonyme. Elle en faisait un home provisoire, mais attitré, de l’occupant.