Il fut même un peu rasséréné, car il se disait que le souci de Béatrice n’était peut-être pas si grave, puisqu’il ne l’empêchait pas de se livrer cœur et âme à une conversation de chiffons.
Mais, en y réfléchissant, il pensa que ce n’était pas une preuve convaincante…
Le départ de la robe blanche et de l’ensemble mauve sembla, pour ces dames, priver le monde d’un de ses plus fameux attraits. Elles déclarèrent immédiatement qu’elles n’avaient plus faim et l’on se dirigea vers le hall où, peut-être, on trouverait quelques autres voyageuses en train de prendre leur café.
Mais elles n’aperçurent que deux vieux Américains, ruminants hors d’âge, tout entiers à un rêve intérieur, probablement insignifiant.
Laurence déclara qu’elle allait se coucher. Avait-elle vraiment envie de dormir ? Peut-être obéissait-elle à un penchant bien naturel de proxénétisme mondain et voulait-elle laisser en tête à tête ses deux compagnons de voyage ?
Georges la vit partir sans plaisir, car sa passion naissante pour Béatrice Olmey n’était pas encore assez solide pour l’aveu.
Que lui dire, à Mme Olmey ? Le seul aliment possible d’un entretien eût été une série de questions que, précisément, il ne pouvait poser.
Ce fut Béatrice, heureusement, qui prit la parole.
— Vous êtes intrigué ?
— Oui, mais vous voyez, je ne demande rien.