Il vit que, sous sa porte, on avait glissé une enveloppe. Elle contenait une dépêche décachetée : la réponse de l’hôtel de Salzburg adressée à Mme Olmey.
« Chambre Markeysen retenue pour 5 août. »
Or, on était le deux. Il n’avait donc pas besoin de se presser pour arriver là-bas.
Georges cependant fit sa toilette très rapidement, car il sentait bien que désormais, à toute heure de nuit et de jour, il devait être à la disposition de Béatrice.
La jeune femme l’attendait dans le hall. Elle était, en effet, assez impatiente.
— Eh bien, lui dit-il, j’ai vu la dépêche que vous m’avez communiquée. Votre ami n’arrive là-bas que le 5 et, d’ici à Salzburg, il n’y a que deux étapes tout au plus. Il me semble que nous pourrons faire le voyage tranquillement.
— Oh ! tranquillement ! fit-elle… Ne parlons pas de tranquillité ; j’ai un besoin urgent de voir cet homme le plus tôt possible. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a huit jours, il est parti d’Amsterdam en auto. Il suit d’ordinaire une route capricieuse, sans itinéraire rigoureux. Il arrivera là-bas en faisant des détours et en passant par je ne sais où. Allez donc le rejoindre en Rhénanie, en Bavière et peut-être en Prusse !
Elle paraissait très agitée et un peu loin de la pensée unique qui emplissait l’âme de Georges… La veille au soir, il semblait qu’elle fût toute à lui. Quelle occupation l’avait reprise ? Souci bien grave, en vérité, puisque les heures de la veille pour elle ne comptaient plus…
Au restaurant, cependant, elle sembla oublier tout ce qui l’obsédait le quart d’heure d’avant. Laurence était descendue. Elles avaient retrouvé les deux dames qui, au dîner d’hier, avaient concentré leur attention.
La robe de foulard blanc et l’ensemble mauve avaient fait place à deux tailleurs, intéressants évidemment l’un et l’autre, puisqu’ils partagèrent en deux camps l’entourage féminin de Georges.