— J’ai besoin de monnaie italienne dit-il à l’employé, voulez-vous me changer cela ? Et comme l’employé s’apprêtait à lui rendre des lires :

— C’est bon, dit-il, voici toujours l’argent suisse, vous me donnerez l’argent italien tout à l’heure.

On verra plus tard la raison de ces petites manœuvres un peu compliquées.

Il était allé prévenir ces dames qui descendirent de voiture pendant que le portier prenait leurs bagages à main. On laisserait les mallettes sur l’auto, car il ne s’agissait en somme, que d’un séjour d’une seule nuit.

Le phaéton était toujours sur la place. Quand les deux occupants eurent constaté que les habitants de la vingt-quatre chevaux avaient pris gîte dans l’hôtel, ils consentirent enfin à s’éloigner, probablement à la recherche d’un hôtel plus modeste.

Adrien attendait les ordres. Georges demanda si le palace avait un garage particulier et, sur la réponse affirmative du chasseur, il y envoya la voiture non sans avoir fait à Adrien cette recommandation rapide :

— Ne vous éloignez pas du garage avant que je vous aie rejoint. J’ai des ordres à vous donner.

Ces dames étaient restées dans le hall, Georges les ayant priées de l’attendre pour visiter les chambres retenues.

Ce qu’il voulait, c’était tout simplement quitter Ragatz, après avoir marqué d’une façon évidente son intention de s’y arrêter.

Il fallait s’en aller de l’hôtel sans prévenir les employés de la réception.