C’est pourquoi cet honnête jeune homme avait tranquillisé sa conscience en laissant à la caisse, sous prétexte de faire une opération de change, une somme suffisante pour payer l’appartement.
Et il avait demandé de la monnaie italienne afin de faire croire, en cas d’enquête, que la vingt-quatre chevaux se dirigeait vers l’Italie.
Mais il était gêné dans son machiavélisme par une double difficulté.
Il s’agissait d’inventer un prétexte pour faire reporter dans la voiture les bagages à main de ces dames. D’autre part, il fallait expliquer à Béatrice son changement de résolution en évitant de l’inquiéter et de lui laisser supposer qu’ils étaient poursuivis.
Étrange situation pour ce paisible jeune homme.
Il était devenu, sans qu’elle pût le soupçonner, le complice de cette jeune femme, un complice plein de ménagements… Il lui cachait soigneusement les manœuvres bizarres et tortueuses auxquelles il était obligé de se livrer pour soustraire la fugitive à la dangereuse curiosité de ses poursuivants.
Rentré dans le hall, il prit ces dames à part :
— Nous allons quitter cet hôtel, leur dit-il à mi-voix.
— Pour quoi faire ? dirent-elles, aussi étonnées l’une et l’autre de cette brusque résolution.
— Eh bien, je viens de causer avec quelqu’un… Il paraît qu’il y a ici des malades contagieux.