— Oh ! je n’ai pas peur du tout, dit Béatrice.
— Et moi non plus, déclara Laurence avec énergie.
Georges prit un ton de chef de famille.
— Moi, j’ai peur pour vous, déclara-t-il.
Et pour les décider :
— Et je vous avoue que je ne suis pas tranquille pour moi.
Pour couper court à toute discussion, il s’éloigna et appela un chasseur à qui il montra les bagages à main.
— Nous nous sommes trompés. Ce dont nous avons besoin pour la nuit se trouve dans une des mallettes. Il faudrait reporter ces sacs au garage. Nous y allons d’ailleurs avec ces dames, car je ne sais pas quelles mallettes elles veulent faire porter dans leurs chambres.
Tout cela pouvait sembler un peu anormal. Mais il se dit que c’était surtout lui-même que la bizarrerie de ces allées et venues pouvait frapper et qu’elle échappait probablement aux autres personnes moins attentives.
Dix minutes après, la voiture filait de nouveau sur la route de Sargans. Après quelques instants, Georges pensa que si le phaéton avait repris leur trace, il pouvait rester hors de vue. Pour s’assurer qu’ils n’étaient pas suivis, il dit à son chauffeur d’aller doucement… Aucune voiture ne s’apercevait derrière eux, sur la route bien droite. Satisfait, il fit de nouveau accélérer l’allure.