Il ajouta :
— On n’est pas verni aujourd’hui.
Cette fois le dommage était plus grave. Au moment de la précédente crevaison, il avait utilisé une de ses roues de rechange, celle qui était toute neuve. L’autre avait déjà servi et se trouvait un peu amochée.
C’est qu’aussi le chauffeur de Georges était parti précipitamment de Paris. Il n’avait pas eu le temps de se « compléter » en matériel neuf. Georges pensa qu’Adrien avait manqué de prévoyance. Mais à quoi bon le lui dire maintenant et faire des reproches inutiles ? Alors que même les observations nécessaires il hésitait à les présenter à cet Adrien redoutable, intransigeant de caractère et par profession.
La nuit était tombée. Adrien travaillait à la lueur des phares. Laurence dans la voiture s’était assoupie. Georges et Béatrice s’éloignèrent à une cinquantaine de pas sur la route.
— Y a-t-il des brigands dans le Tyrol ? demanda la jeune femme.
— Je ne sais pas, dit Georges. En tout cas, nous ne sommes pas en état de nous défendre.
— Parlez pour vous, dit-elle. Moi, j’ai une arme.
Elle avait tiré de sa poche un petit revolver. A un reste de lueur, Georges évalua le diamètre du canon.
« Huit millimètres tout au plus », pensa-t-il.