— C’est un joujou, fit-il, pour dire quelque chose.
Après un instant de silence :
— Il contient encore cinq balles, dit Béatrice. Qui sait, ajouta-t-elle, ce joujou a peut-être déjà travaillé…
XII
Ils continuaient à marcher lentement sur la route. Georges remarqua au bout d’un instant qu’il avait le souffle court, comme un vieillard. Il fit un effort pour reprendre haleine et ne pas trahir son émotion.
Il lui semblait que son cerveau travaillait malgré lui et que sa réflexion l’entraînait, de gré ou de force, à une constatation pour ainsi dire officielle, indiscutable.
Et soudain, Béatrice lui prit le bras d’un mouvement qui, pour elle, ne voulait peut-être rien dire, mais qui l’envahit, lui, d’un désir éperdu de protection.
Il lui sembla qu’elle s’approchait de lui comme de la maison d’un homme pieux, comme d’un refuge.
Certainement, elle avait tué. Avait-elle ou non des excuses ? Pour l’instant, il ne se le demandait pas. Il lui devait asile envers et contre tous.
Ils ne surent jamais pendant combien de temps ils avaient ainsi cheminé, Béatrice au bras de Georges… Soudain, ils virent à côté d’eux la voiture qu’ils n’avaient pas entendu venir.