Il n’aimait pas cette hypothèse.
Non pas que, dans le cœur de ce garçon assez fait à la vie, il existât beaucoup de la jalousie de l’homme des cavernes.
Mais il préférait esthétiquement, pour la beauté de sa nouvelle aventure, que cette jeune veuve n’eût pas été trop profanée.
Il était revenu à l’hôtel. Adrien n’avait pas encore terminé son montage de pneus. Hors des yeux de son patron, son activité était sensiblement moins débordante. Georges s’apprêtait à se rendre au garage pour stimuler son chauffeur, mais il pensa qu’il n’y avait rien, en somme, de très pressé, puisqu’une très courte étape les séparait de Salzburg.
A ce moment le gérant, que Georges avait un peu secoué la veille, s’approcha du jeune homme dans une attitude qui n’avait certainement rien de hautain.
Ce gérant connaissait le cœur humain. Pour rentrer en grâce auprès de son hôte, il lui fit de grands compliments de sa 24 chevaux, qu’il avait examinée la veille pendant le déchargement des bagages.
Et voici ce qu’il se mit à dire, inopinément :
— Nous avons eu tout à l’heure une très forte voiture, une marque américaine, qui appartient à un banquier dont vous connaissez sans doute le nom, M. Markeysen, d’Amsterdam.
Georges sursauta.
— Il est ici ?