Robert trouvait ses hôtes un peu impolis de le laisser ainsi en dehors de leur entretien. Il ne songeait pas que si M. et Mme Gaudron parlaient ainsi d’Émile, d’Édouard, de Gustave et d’Irma, c’étaient qu’ils ne savaient que dire à Robert.

D’ailleurs, quand ils se turent, le silence parut plus insupportable encore… et Robert en regretta presque le défilé de prénoms, d’autant que désormais il avait sa part de responsabilité dans la chute de la conversation.

Une banquise de glace emprisonnait peu à peu les trois convives. Ce fut Mme Gaudron la plus déterminée. Elle brisa cet épais silence avec ce qui lui tomba sous la main.

— Vous connaissez Caen, monsieur ?

— … Non, madame… c’est-à-dire oui… J’y étais passé deux ou trois fois en auto…

Il prit un air intéressé, comme s’il revivait avec attendrissement des souvenirs de voyage…

— Je connais surtout la Seine-Inférieure, les environs de Dieppe, Puys, Pourville, Martin-l’Église…

— Ce sont des pays charmants, dit madame Gaudron, d’un autre caractère que les paysages ici…

Étretat et ses environs furent aussi d’une ressource excellente…

— J’adore la Normandie, fit Robert d’un ton pénétré.