— Vous m’excusez, monsieur Nordement. Mais je vous avais prévenu… J’ai un rendez-vous important à Cabourg.
Ce fut le signal, pour le petit éclair d’ironie, d’apparaître dans les yeux de Mme Gaudron.
— Un rendez-vous de la plus grande importance. On l’attend à la grande table du cercle pour des bancos qui ne souffrent aucun retard…
— Voilà que vous dévoilez mes vices devant mon nouveau secrétaire. Que va-t-il penser de moi ? Or, il se trouve que justement, ce soir, ce n’est pas de cela qu’il s’agit.
— Allons, allons ! dit cette femme incrédule…
— Je vous assure…
— Ne m’assurez de rien. Et allez à vos affaires. Monsieur me tiendra compagnie.
M. Gaudron prit congé immédiatement. Il faut profiter sans retard d’une permission, même donnée de mauvaise grâce. Car l’autorité qui nous l’accorde peut très bien la révoquer avant que nous ayons passé la porte.
Robert et Fabienne s’en allèrent ensemble dans un petit boudoir que le jeune homme trouva meublé avec un goût exquis. Mais il était encore sous l’influence des vins généreux, et pas du tout en humeur de critique.
— M. Gaudron est vraiment un homme excellent, dit-il pour dire quelque chose. Il lui fallait un sujet de conversation qui présentât un petit caractère d’intimité. Il n’y en avait pour le moment guère d’autres à choisir en dehors du mari de cette dame, leur seule connaissance commune.