— Alors, soyez assez gentil pour être plus gai !

— Mais oui, mais oui, répondit-il, en montrant bien visiblement qu’il s’efforçait de sourire.

Puis, au bout d’un instant…

— Je suis très heureux ici… Mais je crois que je ne pourrai pas y rester…

— Pourquoi, mais pourquoi ? dit-elle, d’une voix qu’il eut le plaisir de sentir anxieuse.

— … Écoutez. J’ai peut-être tort de vous parler comme je vais le faire. Mais vous voulez bien que je vous considère comme une amie et que je ne vous cache rien de ce qui se passe en moi ?…

— Mais oui, mais oui, vous savez bien que j’aurais beaucoup de peine si vous me cachiez quelque chose…

— Hé bien, je crois que j’ai trop présumé de mes forces… J’ai peur que l’amitié que j’ai pour vous, cette profonde et loyale amitié ne devienne quelque chose de plus grave…

Ce disant, il détourna la tête pour ne pas la gêner, et pour qu’elle fût émue tranquillement, si elle en avait envie.

Fabienne était très émue en effet… Elle était à peu près certaine des sentiments qu’on venait de lui exprimer. Mais il leur manquait jusqu’alors l’officialité de l’aveu.