Fabienne dit tout de même, vers trois heures…
— Si on dormait…
Très sagement, ils éteignirent la lumière, qui avait été un certain nombre de fois éteinte et rallumée. Ils s’enlacèrent tendrement pour dormir. Mais ils étaient encore un peu trop agités par ce grand événement de leur vie. Ils ne savaient pas s’ils dormaient ou non ; ils étaient sur la lisière du sommeil, où le réel se mêle au songe…
Robert brusquement fut secoué et réveillé nettement par une sorte de frisson.
Il s’imagina soudain qu’il y avait du danger à rester ensemble ainsi. Ernest pouvait survenir, après un accident de chemin de fer. Ou bien des domestiques allaient frapper à la porte. L’hôtel même était capable de brûler.
Cet heureux jeune homme voulait aller cuver sa joie tranquillement.
Il serra Fabienne dans ses bras plus tendrement encore, et lui baisa les paupières.
— A demain, lui dit-il.
Elle ne comprenait pas grand’chose à ce départ. Mais ils n’étaient pas encore assez intimes pour qu’elle osât lui demander de rester.
Une fois dans son lit, il dormit fort bien, tout seul avec son grand bonheur.