Comme il la tenait dans ses bras pour lui dire au revoir, elle lui dit ce qu’elle s’était d’abord promis de garder pour elle. Mais elle était, comme beaucoup de ses pareilles, incapable de « classer » un grief, si minime fût-il.

— Pourquoi ne m’avez-vous pas montré tout de suite la lettre de votre cousin, et pourquoi a-t-il fallu que je vous la demande ?

Il prit un air souriant et étonné…

— Pourquoi, mon chéri, je ne t’ai pas montré cette lettre ? Mais, mon chéri, parce que je n’y ai pas pensé…

Il y avait dans sa réponse trop d’étonnement et trop de « mon chéri ».

— Comme c’est naturel ! dit Fabienne, que vous ne m’ayez pas mis tout de suite au courant de ces nouvelles, qui devaient certainement vous préoccuper…

— Je t’assure…

— Ne m’assure rien et ne me mens pas. Car je ne pourrais pas supporter que tu me mentes !

— Je te jure, ma chérie, que je ne te mens jamais !

— Il vaut mieux que je te croie, dit-elle en l’embrassant, car autrement je serais trop malheureuse…