XII

Ernest Gaudron prolongeait son séjour à Biarritz. Et, de temps en temps des lettres chargées partaient de la caisse, à destination de l’hôtel où était descendu le patron. Ce qui donnait à penser que la campagne du sud-ouest ne donnait pas tous les résultats désirables.

Mais là-bas, la saison s’avançait à son tour. Et l’on avait l’espoir de voir revenir bientôt le chef de la maison Gaudron.

Fabienne, elle, ne pensait guère à son mari. Elle ne remarquait même pas qu’elle n’avait aucun remords.

En revanche, et sans un moment de répit, elle restait obsédée de cette idée : un jour ou l’autre, Robert s’en irait au Vésinet. Elle ne pouvait se résoudre à le laisser partir, et, en même temps, elle craignait qu’il ne lui en voulût de le garder de force auprès d’elle.

Une personne raisonnable aurait dit : Qu’est-ce que c’est qu’une absence de quarante-huit heures ! Elle y voyait, elle, une séparation éternelle.

Elle se disait : Là-bas, ils vont me le garder. Il ne reviendra plus. Ou, s’il revient, il sera tout autre.

Elle détestait ces Nordement.

Elle avait souvent envisagé l’idée d’un divorce possible, et d’un mariage avec Robert. Mais c’était pour elle une quasi-impossibilité.

Sa famille était très religieuse. Il faudrait discuter et lutter. Et puis, surtout, il était difficile d’adopter ces résolutions sans en parler à Ernest. Et cela, c’était une perspective abominable.