C’est à ce moment que les Debousquet, le beau-frère et la sœur d’Ernest, eurent l’idée de fiancer leur fille aînée. Fabienne fut atterrée, quand elle reçut la nouvelle de cet heureux événement familial. C’était, en perspective, trois jours à passer dans la Seine-Inférieure. Et il était de toute nécessité de télégraphier à Ernest pour qu’il eût à presser son retour.

En apprenant cette nouvelle, Robert fit son possible pour prendre un air ennuyé qui ne parût pas hypocrite.

Il avait pensé tout de suite, comme par un déclic : « Je vais pouvoir aller voir mes parents… »

Fabienne, l’instant d’après, lui disait :

— Hé bien ! vous êtes content, vous allez pouvoir aller voir vos parents ?

— Peut-être… dit-il évasivement… peut-être… plutôt que de rester seul ici…

A partir de ce moment, le visage de Fabienne prit une expression de dureté inflexible. Elle ne paraissait pas positivement fâchée. Mais c’est à peine si elle adressait la parole à Robert. Quand elle était ainsi changée en statue, on eût dit que son âme gentille, gaie et tendre, était partie pour jamais.

Puis, brusquement, sans prévenir, quand elle en avait assez d’être partie, l’âme de Fabienne revenait. Alors, c’était la résurrection de son regard et de son sourire.

— Le méchant, qui est content de me quitter…

— Tu es bête, dit-il en l’embrassant.