— C’est d’épouser une autre personne… qui serait votre cousin Marcel, par exemple.
— Moi, balbutie Jacqueline, moi ?
Elle a une figure de petite fille de quatre ans, perdue dans la rue…
— Mais naturellement, vous ! Je ne songeais pas à me marier. Tout à l’heure, on est venu me proposer un parti. J’ai alors envisagé cette idée… de prendre femme. Et je me suis dit : Quelle est la femme avec qui je voudrais vivre ? Ça n’a pas été long, comme réflexion. J’ai décidé de vous demander si vous vouliez de moi.
Elle le regarde avec des yeux implorants. Et l’on comprenait fort bien ce qu’ils voulaient dire : « Marcel, je vous en supplie, ne plaisantez pas. Je vous crois, je vous crois ! Mais faites que je n’aie pas tort de vous croire ! »
— Ma petite Jacqueline, dit Marcel, on s’attendrira quand on sera plus tranquille, et qu’on n’aura pas tous ces gens autour de soi… Car je ne suis pas du tout un type qui ne s’attendrit jamais… Jacqueline, écoutez : la plus grande joie que vous pourriez me faire, c’est de ne pas hésiter, de m’estimer assez pour vous dire que ma proposition est grave. Elle est brusque, mais c’est une idée que je ne formulais pas, et qui mûrissait en moi depuis que je vous connais. Alors ayez assez de confiance pour penser que je ne vous parle pas à la légère. Mettez simplement votre main dans la mienne, et dites-moi que c’est entendu. C’est entendu ?
Elle met sa main dans celle du jeune homme. Elle essaie de lui dire oui… Même ce petit oui ne sort pas. Elle ne peut que pleurer. Marcel l’attire à lui, et lui pose sur les tempes le plus chaste des baisers… C’est agréable. Le baiser se prolonge et perd un peu de sa chasteté. Il faut se séparer, car des gens peuvent entrer d’un instant à l’autre. On reprendra cela à la prochaine occasion.
— Voyons, dit Marcel, en consultant son calepin. Nous sommes le 6 octobre. Il faut que le 28 nous soyons en Espagne. Il faudrait donc nous marier le 26…
Langrevin rentre avec sa fille…
— Tiens, dit-il, vous êtes là en train de travailler, Cécile, arrive un peu, que je te présente une cousine à toi…