Marcel écoutait son père sans ressentir Je moindre choc. Il ne savait même pas s’il était ennuyé ou soulagé.

— Vingt mille francs de billets sur le papier de la maison ! On laisse le papier à la disposition de son fils… Et voilà ce qu’il en fait… C’est de l’abus de confiance, mon garçon…

M. Langrevin, qui ne s’attendait pas à trouver Marcel chez Gustave, n’avait pas préparé son réquisitoire… Il cherchait les mots les plus durs pour les envoyer à Marcel, comme on jetterait des pierres coupantes sur quelqu’un.

Marcel répondit, sans trop savoir ce qu’il disait :

— Le papier n’était pas dans ton coffre-fort… N’importe qui pouvait le prendre sur le bureau…

— Parce que je pensais n’avoir chez moi que des honnêtes gens !

Marcel sursauta, non pas qu’il se sentît vraiment blessé, mais par convenance, parce qu’il pensait qu’il devait sursauter à ce moment-là.

— Papa, papa, qu’est-ce que tu dis là !

— Quand on a fait cela, tu entends, on est capable de tout. Pour quelle drôlesse as-tu volé cet argent ?

— Papa, ne parle pas ainsi !