M. Langrevin ne s’aperçut pas que s’il regimbait, c’était sur le mot : voler. Il avait dans la tête une idée consacrée : lorsqu’un jeune homme s’approprie de l’argent, c’est toujours pour une drôlesse. Il pensait que Marcel était blessé d’entendre appeler ainsi la dame de ses pensées…

— J’aime mieux tout te dire, s’écria le jeune homme tout à coup…

— Qu’est-ce que c’est ?

— C’est de l’argent que j’ai perdu au jeu. En une nuit, j’ai perdu onze mille francs au poker…

Il balayait toute réticence. Il se précipitait à corps perdu dans la confession…

Quand M. Langrevin avait demandé : « Qu’est-ce que c’est ? » il avait entrevu quelque aveu terrible, une liaison avec la drôlesse imaginaire, une promesse de mariage, des enfants nés ou à naître… L’autre révélation était aussi grave…

Il avait l’épouvante du jeu. Un de ses parents y avait perdu des sommes énormes avant de mourir d’une mort brusque et inexplicable.

Il s’était assis et son effroi avait attendri Marcel.

Peut-être à ce moment un rapprochement aurait été possible, si M. Langrevin n’avait parlé de Gustave.

Il s’était levé…